07/07/2016 15:31

StartupBegins vous fait entrer dans les coulisses de Babbler !

StartupBegins vous fait entrer dans les coulisses de Babbler !

Découvrez en vidéo le monde de Babbler, un réseau social qui réconcilie les journalistes et les attaché(e)s de presse :



Trouver LA bonne idée quand on est en retard à un dîner


Hannah Oiknine : J’étais encore étudiante quand j’ai eu l’idée de Babbler. Je ne viens pas du tout de l’écosystème communication ou RP. J’étais plutôt passionnée par l’entrepreneuriat et les nouvelles technologies. Sarah, ma soeur, était attachée de presse. Un soir, nous avions un dîner auquel nous devions aller toutes les deux. J’ai rejoint Sarah à son bureau. Comme on était très en retard et qu’il lui restait quelques journalistes à rappeler, elle m’a demandé de l’aider. Elle m’a donné le communiqué de presse avec le listing des journalistes à appeler. Je les ai tous appelés sans aucune réponse. J’ai tenté le mail mais sans succès également. Sarah m’a alors expliqué que c’était très difficile de joindre les journalistes et d’avoir des retours si on ne les connaissait pas personnellement. Ce sont des personnes très sollicitées. C’est à ce moment là que je me suis dit que j’allais tweeter un de ces journalistes pour voir si j’obtenais une réponse plus rapidement. Ça a été un succès !

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L’idée m’est venue très rapidement après quelques semaines. C’était au tout début de mon utilisation twitter. Je découvrais cette plateforme avec son newsfeed customisé en fonction de ses intérêts. Par exemple, si je suis fan de mode, je vais suivre le blog d’untel. Un jour, j’étais en cours, qui ne devait pas être très intéressant car je passais mon temps sur Twitter à regarder, explorer, retrouver des gens, … et je me suis rendu compte que je pouvais envoyer un tweet à Lady Gaga ou encore au PDG de Publicis ! Des gens inaccessibles le devenaient grâce à une plateforme comme Twitter. C’est en sortant de ce cours que j’ai appelé Sarah pour lui expliqué mon idée : créer une plateforme, type social media, avec un algorithme de matching pour permettre aux attachés de presse d’interagir en temps réel avec les bons journalistes. J’avais vraiment envie de lancer ma boîte et je cherchais LA bonne idée depuis un moment. J’avais eu plusieurs idées mais à chaque fois il y avait quelque chose qui n’allait pas. Soit c’était le business model, soit c’était un problème de marché, soit ce n’était pas le bon moment, … mais cette idée là j’ai remarqué, après étude, qu’il n’y avait pas de concurrent et que personne n’avait vraiment eu cette idée. Il y avait en plus un vrai besoin. Je crois que c’est à ce moment là que j’ai compris que je la tenais LA bonne idée.

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Sarah Azan : Hannah est donc venue me voir et m’a présenté son idée de créer une nouvelle plateforme un peu à la Twitter qui permettrait de mieux engager les journalistes sur des domaines qui les concernent. Plutôt que de leur pusher des mails en permanence dans des boîtes mails qui explosent, ils adhéreraient à une plateforme sur laquelle il y aurait un fil d’actualités avec des topics qu’ils pourront suivre et piocher les actualités qui les intéressent au moment où ils en ont besoin. Quand elle m’a présenté cette idée, sur le moment, j’ai été un peu sceptique dans la mesure où comme c’était mon métier, je savais à quel point c’était un écosystème qui était très installé avec des codes et à quel point c’était un métier qui avait été très peu digitalisé. Le challenge me paraissait très difficile.

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« Je passais mon temps sur Twitter à regarder, explorer, retrouver des gens, … et je me suis rendu compte que je pouvais envoyer un tweet à Lady Gaga ou encore au PDG de Publicis ! Des gens inaccessibles le devenaient grâce à une plateforme comme ça. »

Une véritable opportunité : des journalistes saturés et un métier de RP très peu digitalisé


Sarah Azan : L’écosystème médiatique s’est complètement digitalisé ces dix dernières années. On a eu des supports papier qui sont devenus web puis mobiles. Derrière ces supports, des interlocuteurs nouveaux et l’émergence de nouveaux influenceurs avec les réseaux sociaux qui sont devenus des médias à part entière. En résumé, quand, avant, le consultant RP, qu’il soit en agence ou chez l’annonceur, gérait une cinquantaine voire une centaine de contacts clefs avec qui il entretenait des relations privilégiées, aujourd’hui, il doit en gérer des milliers et avec des clients qui mettent la pression pour être visible au maximum dans tous ces relais d’influence. C’est, humainement, pas possible.

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Hannah Oiknine : J’ai cherché à comprendre pourquoi ils ne répondaient pas aux appels et aux mails. En interrogeant les journalistes, je me suis rendu compte qu’ils recevaient, en moyenne, 500 communiqués de presse par jour dans leur boîte mail. Si les journalistes devaient répondre à toutes ces demandes, ils y passeraient la journée. Leur boîte mail est saturée de communiqués de presse pas forcément ciblés avec le sujet qu’ils traitent à ce moment là. Même si le sujet peut les intéresser, 3 mois plus tard, le communiqué sera perdu et mort dans la boîte mail parmi des milliers d’autres communiqués. Sur Babbler, l’avantage, c’est que le journaliste peut faire des recherches avancées par rapport à des sujets précis. Du coup, en leur fournissant de l’information ciblée, au bon moment, car ce sont eux qui viennent chercher l’information plutôt qu’on leur envoie, ça simplifie énormément leur travail.

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« En interrogeant les journalistes, je me suis rendu compte qu’ils recevaient, en moyenne, 500 communiqués de presse par jour dans leur boîte mail. »

Un séjour décisif à New York


Hannah Oiknine : Je venais juste d’être diplômée. J’avais un stage à faire et je partais à New York pour ça pendant 6 mois. Comme c’était un stage à mi-temps, j’ai réussi à travailler sur ce projet. J’ai pu commencer à faire des drafts de business plan mais aussi rencontrer des startupers, je suis par exemple allée à l’incubateur de la Columbia. J’ai également rencontré des femmes entrepreneurs. Je me suis rendu compte en parlant avec ces gens que ce n’était pas si compliqué que ça de lancer sa boîte, que ça ne nécessitait pas forcément beaucoup de fonds. Le risque n’était pas aussi important que je l’imaginais.

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6 mois après, quand je suis rentrée, j’ai présenté mes avancées à Sarah et je lui ai demandé si elle était prête à quitter son agence et à se lancer sur ce nouveau projet. Elle m’a dit qu’il lui fallait 6 mois pour être prête. En attendant, je suis entrée à l’incubateur de l’Essec. On a commencé à lever 50 000 euros en love money. Je travaillais à l’époque avec des développeurs indiens car avec cette somme nous ne pouvions pas recruter mais il fallait que l’on puisse lancer un proof of concept. 6 mois après donc, Sarah m’a rejoint et la version bêta de Babbler fonctionnait. On a donc décidé de tester cette première version sur les clients de Sarah. Finalement, c’était Sarah qui allait être la première bêta testeuse en tant qu’attachée de presse. En s’en servant, elle a tout de suite eu beaucoup de résultats, gagné beaucoup de temps et surtout des nouveaux clients qui, par bouche à oreille, avaient entendu parler de cette nouvelle solution.

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Sarah Azan : Elle est partie en stage à New York et a commencé à travailler sur le projet. Quand elle est rentrée et qu’elle m’a présenté le projet, je me suis rendu compte que c’était un projet vraiment viable. Ça a du m’arriver mille fois dans ma vie de me dire : « j’ai une super bonne idée ! ». Je pense que ça arrive à tout le monde. Mais, entre le moment ou on se dit ça et le moment on se lance vraiment, il y a vraiment un gap. Je voyais parfaitement à quel point ce chantier allait nous demander énormément d’énergie mais je sentais qu’il avait de l’avenir. A cette époque, j’avais encore mon agence de RP. Et en plus je venais de tomber enceinte, histoire de complexifier encore un peu plus l’histoire (rires). Quand on a testé sur mes clients, j’ai tout de suite compris que ça fonctionnait. Mes clients adoraient le concept d’être notifiés en temps réel, d’avoir une vrai transparence sur le métier, de pouvoir interagir directement et que je ne sois plus un intermédiaire entre le client et les journalistes mais bien un partenaire. On a donc fait grossir la société comme ça au départ. Mes clients en ramenaient d’autres et ainsi de suite.

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« Ça a du m’arriver mille fois dans ma vie de me dire : « j’ai une super bonne idée ! ». Je pense que ça arrive à tout le monde. Mais entre le moment ou on se dit ça et le moment on se lance vraiment, il y a vraiment un gap. »

Les belles rencontres pendant le concours Imagine Cup de Microsoft


Sarah Azan : Et puis à ce moment là, nous avons été contacté par Microsoft qui organisait un concours de startups : l’Imagine Cup. Ça a été une aventure géniale. On a monté un dossier. On a été sélectionnées. On a ensuite pitché devant 200 personnes chez Microsoft, et dans le jury, preuve que les bonnes rencontres permettent d’aller plus vite et plus loin, il y avait des journalistes. Il y avait Richard Menneveux de Frenchweb et Eric Dupin de Presse Citron. Notre projet a tout de suite eu beaucoup plus de sens vis à vis de ces personnes là parce qu’ils ont tout de suite compris à quel point les problématiques étaient très painfull et comme l’outil Babbler allait pouvoir les résoudre. Ce coup de projecteur de Microsoft, ça nous a permis de nous rendre compte que nous n’étions pas les seules à croire à cette idée.

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Quand une structure comme Microsoft croit en votre projet, ça rassure ! Je me rappelle parfaitement du moment où ils étaient en train d’appeler les gagnants du concours. Quand ils ont appelé le troisième, on s’est dit que ce n’était pas nous. Quand ils ont appelé le deuxième, on s’est dit que c’était perdu car on n’allait pas être les premières. On présentait un business model qui était B to B sur un marché pas très connu du grand public. Les concours n’étaient pas très adaptés pour notre produit. C’est pour ça que l’on était persuadé que, même si on avait bien pitché, on avait perdu. Quand ils ont annoncé notre nom pour la première place, on a eu un choc ! Je me souviens parfaitement sortir de la salle et me dire que c’était le premier jour du reste de ma vie. Ce n’est plus un petit projet entre soeurs dans un bureau, c’est Microsoft qui estime que l’on est la startup la plus innovante de l’année.

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Hannah Oiknine : Ils nous ont rapidement expliqué que comme nous n’avions pas de concurrent, nous avions une problématique de vélocité et que, pour aller vite, il était indispensable que nous levions de l’argent. C’est à partir de ce moment là que nous nous sommes lancées dans la recherche de business Angels. En 3 mois, nous avons réussi à lever 200 000 euros, ce qui nous a permis de commencer à recruter et développer un peu plus notre solution. On a commencé à rentrer de nouveaux clients et à générer du revenu. On a ensuite relevé 300 000 euros pour poursuivre notre développement. Le projet a vite pris de l’ampleur et nous avons récemment fait notre première série A de 2 millions d’euros. En deux ans et demi, nous sommes passés de 2 à 17 personnes. Et nous serons 25 d’ici la fin de l’année.

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« Je me souviens parfaitement sortir de la salle et me dire que c’était le premier jour du reste de ma vie. Ce n’est plus un petit projet entre soeurs dans un bureau, c’est Microsoft qui estime que l’on est la startup la plus innovante de l’année. »

A l’attaque du marché américain


Hannah Oiknine : On exporte Babbler aux USA. On vient d’ouvrir un bureau à New York il y a 6 mois. Quand on a fait notre série A, on s’est forcé à se projeter sur 5 ans. Les investisseurs nous demandaient toujours ce que l’on souhaitait être dans 5 ans, quelle était notre ambition. En analysant le marché, je me suis rendu compte que l’industrie des relations presse était vraiment dirigée par les Etats-Unis. Je me suis aussi rendu compte qu’aux Etats-Unis, il n’y avait pas de concurrent. C’est une opportunité très rare. J’ai donc pris un avion pour aller rencontrer d’autres entrepreneurs, des attachés de presse, des journalistes pour aller leur pitcher le concept Babbler et prendre leur feedback. Aujourd’hui, en France les entreprises, les communicants peuvent interagir avec des journalistes français. Aux USA, les communicants américains peuvent interagir avec des journalistes américains. Notre prochain objectif, c’est de croiser ces bases de données pour qu’une même entreprise puisse intervenir avec un journaliste français, américain et pourquoi demain avec un italien, un espagnol, … et avoir une plateforme internationale de communication avec la presse en temps réel.

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Sarah Azan : Le marché à beaucoup bougé ces dernières années avec de très grosses acquisitions qui ont eu lieu aux Etats-Unis. On s’est rendu compte que les acteurs historiques, qui avaient du mal à pivoter vers un nouveau modèle, ont commencé à se racheter entre eux, et à chercher des éléments différenciants pour se redonner de la valeur sur le marché. Notre position aujourd’hui avec Babbler est très stratégique et même si notre société est beaucoup plus petite que ces acteurs historiques, on les connait tous et on en a rencontré quelques uns parce qu’ils sont intéressés par la manière dont nous abordons le marché, par notre vision.

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« En analysant le marché, je me suis rendu compte que l’industrie des relations presse était vraiment dirigée par les Etats-Unis. Je me suis aussi rendu compte qu’aux Etats-Unis il n’y avait pas de concurrent. »

Pour avoir des infos sur la #team Babbler,
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